Les États généraux du film documentaire 2020 Docmonde

Docmonde


Il y a ceux qui partent et ceux qui restent.
Il y a ceux qui décident de quitter, prêts à sacrifier leur vie pour vérifier leurs fantasmes d’un autre monde, au-delà des frontières. Et il y a ceux qui s’accrochent au peu, à ce qui peut-être est possible, là où pourtant il n’y a rien, là où pourtant c’est invivable. « Partir ? Rester ? » sont les questions les plus prégnantes de notre temps. Il est alors évident que la nouvelle génération de cinéastes du monde entier s’en empare. Et d’autant plus ceux qui ont développé leurs films dans des résidences d’écriture internationales, menées dans le cadre de Docmonde, ce réseau de formations au documentaire qui émane de Lussas et permet la rencontre et l’échange entre cinéastes de tous pays. Le corpus de cette programmation s’est dessiné dans le temps de la fabrication de ces films, en Afrique, au Maghreb, en Asie, en Eurasie, mais aussi dans l’Océan Indien ou en Amazonie. Et c’est avec naturel que cette thématique est apparue comme un fil liant ces films. Le regard que portent leurs auteurs, marqué de la force de leur point de vue et de formes inventées et renouvelées, fait que ce n’est pas la simple déclinaison d’un thème que l’on observe, mais bien l’émergence de films qui racontent simplement le monde d’aujourd’hui et la manière dont les gens y vivent. Vu l’état actuel de notre monde, cela est si précieux !
Quatre films produits durant l’année dernière ont été retenus. Ils explorent les répercussions des déplacements de masse : tourisme sexuel, migration économique, identités fragmentées, quête de soi-même… Si nous les regardons ensemble, l’esquisse d’un nouveau monde se dessine où, du Nord au Sud, la question du franchissement des frontières n’est plus au cœur des interrogations. Remplacée par celle, bouillonnante, des désirs et de la force nécessaire qui impulse la décision de partir ou de rester.

Madeline Robert